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Féria d'Alès 2018 : En Pégoulade...

Icones Présidentielles

Quand j'ai vu la photographie du président Hollande utilisée par le magazine Elle de la semaine, je n'ai pas pu m'empêcher de penser à l'autoportrait parodique #moijeprésident que j'ai réalisé dans la série "Bureau du Personnel". Le portrait, nous dit-on, en dit long sur la personnalité, mais que pouvons nous penser de ce portait là ? 

L'objectif de la photographie ci-dessus n'est pas de proposer un comparatif entre deux présidents. Non, quand j'ai réalisé la photographie #moijeprésident j'avais bien en tête une critique de la fonction présidentielle et pas forcément l'homme. J'avais évidemment regardé les photographies officielles des différents présidents et m'en était inspiré, en particulier sur les 2 derniers présidents qui ont en commun d'avoir une image très mauvaise dans l'opinion publique (cf ci-dessous les portraits officiels).

Vendredi matin en lisant mon fil twitter, je vois cette photographie de François Hollande qui fait la UNE du magazine ELLE. Je ne peux m'empêcher de penser à mon #moijepresident. Mais pire je ne comprends pas comment cette photographie, à l'heure de l'hypercommunication, peut être acceptée par le Président et ses conseillers. La mise en scène est bien symbolique des lieux de pouvoir, tapis, couleurs dorées mais le rideau qui est en fond n'est pas anodin. Est-ce la fin d'une pièce de théâtre ? Le président tire t-il le rideau, ou y'a t-il quelqu'un, quelque chose à cacher ? Quelle intrigue se prépare en coulisse ? Dans cette photographie, dans ce portrait il n'y a rien de rassurant, on cherche le côté positif. Certes François Hollande paraît sérieux, concentré mais la pose théâtralise encore plus son personnage. Il serait intéressant d'avoir la vision du photographe Audoin Desforges au sujet de cette scéance pour mieux comprendre ce choix.

Autant le président sous la pluie n'a pas de chance d'échapper à aux photographes, autant le choix, l'éditing qui en est fait par les médias est un message subjectif lié soit à la ligne éditoriale soit à l'actualité et au ressenti du média par rapport au président. Mais le staff de communication ne dicte pas les modalités de la prise de vue, même s'il a en tête une idée des images qui peuvent sortir de telle ou telle visite.

On l'a vu durant la campagne présidentielle, le candidat Hollande a géré son image presque au cordeau, régime, message direct, attaque contre la finance, bref comme souvent la volonté politique mise en avant pour le changement. Et juste après son élection le président subit, passe son temps à réagir, il perd la main sur son récit. Evidemment la pluie et les images du président sous la pluie sont catastrophiques. Mais c'est aussi dans son portrait officiel que la "rupture" se fait. Le président normal paraît pour le coup complètement banal. Quand on regarde la série des différents portraits des présidents de la Vième République on est d'ailleurs surpris. En effet De Gaulle pose avec le costume des traditions, pour incarner l'institution. Pompidou qui le succède... lui succède et à quelques touches près se porte en héritier du Gaullisme. Avec Valery Giscard d'Estaing c'est la modernité nationale qui est incarnée regard direct dans l'objectif, à l'image de la politique américaine. en particulier d'images de J.F. Kennedy. Avec Mitterrand retour aux sources, celles du livre, de la constitution, il incarne, il est la France (d'où certainement l'absence de drapeau comme De Gaulle et Pompidou)  et évidemment la Force tranquille, mais il adopte aussi le style VGE, plus décontracté et regard de face.
Jacques Chirac s'impose dans les jardins de l'Elysée, il semble vouloir donner du recul à la fonction présidentielle (pour mémoire c'est la France pour tous).
Avec Nicolas Sarkozy retour au classique et au fondamentaux de la Vème, la bibliothèque, mais cette fois avec les drapeaux européens et français qui correspond assez bien à son "Ensemble tout devient possible".
Enfin François Hollande, pardon Raymond Derpardon, mais c'est pas la meilleure de la série...

Heureusement pour nous tous, ce n'est pas une photographie qui nous fait, le portrait n'est qu'une vision des personnes à un moment et dans un contexte donné, et dans le monde actuel, les images se noient dans le flot, sauf quand elles deviennent iconiques, mais dans ce cas le portrait incarne un récit fort ou un message.



De Gaulle par Jean-Marie Marcel

Pompidou par François Pages

VGE par Jacques Henri Lartigue

Mitterrand par Gisèle Freund

Chirac par Bettina Rheims

Sarkozy par Philippe Warrin

Hollande par Raymond Depardon





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